De son Gabon natal, Georges Wolber s’est ouvert à l’international. Il ne s’est mis aucune barrière dans la tête. Il a embrassé le monde, faisant de son terroir une rampe de lancement pour s’enrichir de tout. Une richesse faite de tous les ailleurs qu’il croise. Aujourd’hui, des chercheurs et ses petits-enfants ont découvert un trésor qu’il a légué à la postérité.
Lui, Georges Wolber savait que les images qu’il saisissait, en ces débuts du 20 e siècle, étaient une mine d’or. Des pellicules tirées en photos noir et blanc et rigoureusement archivées. Tout cela devait paraitre aux yeux de ses congénères comme une lubie d’un métis original. Il y mettait ses moyens personnels, certainement avec l’aide de son père depuis Hambourg. Mais comme dirait le sage : « assis il voit plus loin que le commun des mortels debout ». C’était un homme de son temps, moderne et visionnaire. Il avait compris que son appareil photo était aussi un outil de travail. Chaque photo prise était une histoire qu’il racontait. Rien n’échappait à son objectif. En poste à Cotonou, l’agent des PTT qu’il était a joint l’utile à l’agréable. Sa passion pour la photo trouvait une application dans son travail : les cartes postales. Le Dahomey, Bénin d’aujourd’hui, doit à ce métis gabonais les premières images sur les infrastructures techniques et les services naissants dans ce pays. C’est à ce titre qu’il a été élevé au rang de Chevalier de l’Etoile Noire du Bénin dès 1899.
Avec la carte postale on donnait des nouvelles et on montrait le monde. Mieux que les lettres sous enveloppes, pour des raisons de confidentialité, la carte postale, elle, avait un côté exotique. Brièveté de message et information en image sur l’endroit où on se trouve. Ce moyen de correspondance avait le vent en poupe. Il se rajoute au télégraphe et au téléphone pour constituer, à l’époque, la grande révolution de la communication. Georges Wolber a non seulement connu cette révolution, mais il y a activement participé. Cadre aux PTT, il avait été lui-même formé au télégraphe. Homme moderne, il s’était investi dans les nouvelles technologies naissantes. Nous sommes au lendemain de la Révolution industrielle du 18 e siècle qui a projeté les pays européens davantage dans le monde et dans l’espace africain.
Nouvelles technologies, nouvelles ambitions
L’Europe des guerres trouvait dans l’expansion coloniale, la construction d’empires, signe extérieur de puissance. Entre Grand-Bassam dans l’actuelle Côte d’Ivoire et Cotonou dans l’ancien Dahomey, les nations européennes avaient installé quelque 350 comptoirs commerciaux, des « factoreries ». Les lignes commerciales étaient denses et la communication avec les centres névralgiques, les capitales européennes, se faisait par réseaux. Britanniques, Allemands, Portugais, Espagnols, Néerlandais, Suédois, Danois, Norvégiens, Belges et autres Italiens avaient individuellement établi des lignes de communication pour éviter les embrouilles. Le partage du gâteau commandait la méfiance du voisin. Les lignes de communication en question étaient tout simplement des câbles sous-marins déposés en fond de mer pour relier les continents et pour relayer très vite l’information qui devenait donc essentielle.
Dès 1853, les nations européennes avaient débuté cette gigantesque opération de pose de câbles sous-marins. Les sociétés d’exploitation étaient quasiment toutes britanniques. L’Angleterre maitrisait la technique alors que la technologie était déjà partagée par nombre de pays européens. Les milliers de kilomètres de câble en cuivre déposés en fond de mer acheminaient par flux électriques des informations. Elles étaient commerciales mais aussi stratégiques et politiques. Les PTT (Postes Télégraphes et Téléphones), y ont connu un essor fulgurant. Tout en un même lieu. Le courrier par la Poste, la voix par le téléphone et le télégraphe se définissait comme un document distribué sous forme graphique, en laps un de temps.
Georges Wolber, cadre des PTT
Le rapide développement du Télégraphe a facilité le commerce, les échanges diplomatiques et militaires, etc. Le langage est codé. Les mots sont réduits et abrégés. Au début de l’aventure, une centaine de mots pouvaient mettre une quinzaine d’heures pour parcourir une distance de 3500 kilomètres, d’un point A vers un point B. Un avantage sérieux sur le bateau qui mettrait une dizaine de jours pour la même distance. Au fur et à mesure des années la durée de transmission s’est considérablement réduite, permettant une communication rapide et efficace sur de longues distances, réduisant ainsi les délais de transmission de l’information. Le télégraphe, ce nouvel outil de communication rapide, de la fin du 19 e siècle, valait l’internet d’aujourd’hui. Et Georges Wolber, cadre des PTT, s’est également formé à ce nouvel outil par les services du WATC. West African Telegraph Company. Compagnie anglaise basée en Gold Coast, l’actuel Ghana.
Georges Wolber, l’homme de son temps, l’homme moderne, rajoutait ainsi une nouvelle corde à son arc. Il avait soif de connaissance.
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